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Lapin et cobaye : dents, foin, vitamine C, vaccins et vie à plusieurs

La rédaction Actipharm · Publié le · 5 min de lecture

Un lapin et deux cobayes dans un enclos spacieux rempli de foin frais, avec persil, poivron et abreuvoir.

L'essentiel

  • Les dents du lapin et du cobaye poussent toute leur vie : seul un foin à volonté les use correctement et fait fonctionner leur intestin.
  • Le cobaye ne fabrique pas de vitamine C : il doit en recevoir chaque jour par son alimentation, surtout grâce aux légumes frais.
  • Un lapin qui arrête de manger et ne fait plus de crottes est une urgence vétérinaire, le jour même, week-end compris.
  • En Suisse, l'ordonnance sur la protection des animaux impose de détenir les cobayes au moins à deux ; un lapin doit au minimum pouvoir sentir et entendre des congénères.

Ils partagent souvent le même coin du salon, mais le lapin et le cobaye n'ont pas tout à fait les mêmes besoins. Voici ce qui les rapproche, ce qui les distingue, et ce que la loi suisse exige.

En un coup d'œil

Lapin Cobaye (cochon d'Inde)
Dents Toutes à croissance continue Toutes à croissance continue
Base de l'alimentation Foin à volonté, herbes et légumes frais, peu de granulés Idem, plus une source quotidienne de vitamine C
Vitamine C Fabriquée par l'organisme Indispensable dans l'alimentation
Urgence typique Stase digestive (arrêt du transit) Refus de manger, carence en vitamine C, dents trop longues
Vaccin recommandé en Suisse Maladie hémorragique virale (VHD), rappel chaque année Aucun vaccin de routine
Vie sociale selon l'OPAn Au minimum, contacts olfactifs et auditifs avec d'autres lapins ; vie à deux ou en groupe recommandée Détention obligatoire en groupe d'au moins deux cobayes

Des dents qui ne s'arrêtent jamais

Chez le lapin comme chez le cobaye, toutes les dents poussent en continu, toute la vie. C'est la longue mastication du foin, brin par brin, qui les use, en particulier les molaires du fond. Avec trop de granulés ou de mélanges de graines, l'animal mâche moins longtemps : les dents s'allongent, forment des pointes qui blessent la joue ou la langue, et les racines s'enfoncent dans la mâchoire.

Les signes : il mange moins, trie sa nourriture, délaisse les aliments durs, bave, maigrit, a l'œil qui coule ou une bosse sur la mâchoire. Les incisives trop longues se voient, les molaires non : seul le vétérinaire peut les examiner, souvent sous sédation, et les corriger. Rien à voir avec le chien et le chat, chez qui c'est la plaque qui pose problème (voir notre fiche sur l'hygiène dentaire du chien et du chat).

Le foin, la base du menu

Le foin doit être disponible en permanence, frais, sentant bon, sans poussière ni moisissure. À côté : des herbes et légumes frais variés, une petite portion de granulés de qualité, et les fruits seulement en friandise. Pain sec, biscuits et mélanges de graines sont à bannir. Pour le lapin, l'ordonnance sur la protection des animaux (OPAn) impose d'ailleurs de lui donner chaque jour du fourrage grossier, comme du foin ou de la paille, et de laisser en permanence à sa disposition des objets à ronger. L'OSAV rappelle que le cobaye, lui aussi, doit recevoir du foin.

La vitamine C, talon d'Achille du cobaye

Comme l'humain, le cobaye ne sait pas fabriquer la vitamine C. Sans apport quotidien, il développe un scorbut : perte d'appétit, problèmes dentaires, boiterie, articulations gonflées, petits saignements sous la peau, pelage terne, faiblesse. La vitamine C ajoutée aux granulés se dégrade avec la chaleur, la lumière et l'humidité : un sac ouvert depuis des mois n'en contient presque plus. La meilleure source reste les végétaux frais, chaque jour : poivron, persil, brocoli, chou rouge, par exemple, en variant. La vitamine C diluée dans l'eau de boisson se dégrade en quelques heures et n'est pas une solution fiable. Si votre cobaye est malade, âgé ou mange peu, le vétérinaire peut conseiller un complément adapté.

Stase digestive du lapin : l'urgence à connaître

L'intestin du lapin doit tourner en permanence. Quand il ralentit, à cause d'une douleur, d'un stress, d'un manque de fibres, d'un problème dentaire ou de la chaleur, les bactéries indésirables prennent le dessus et produisent gaz et toxines. Le lapin a mal, mange encore moins, et le cercle vicieux s'emballe. Sans traitement, la stase peut être mortelle.

Reconnaître la stase : le lapin boude même ses aliments préférés, fait peu ou plus de crottes, ou de toutes petites, reste prostré en boule, grince des dents, a le ventre tendu. Ne lui donnez rien de votre propre initiative et ne le gavez pas : appelez le vétérinaire le jour même, ou le vétérinaire de garde la nuit et le week-end. Plus on intervient tôt, meilleures sont les chances. Chez le cobaye aussi, un refus de manger est toujours sérieux.

Les vaccins du lapin en Suisse

La maladie hémorragique virale (VHD, ou RHD en anglais) tue souvent en un à deux jours, parfois sans signe préalable. Son variant de type 2 touche aussi les très jeunes lapins. Le virus survit des mois dans l'environnement et voyage par contact, par les insectes, les objets et l'herbe cueillie : un lapin qui ne sort jamais n'est donc pas à l'abri. La clinique des animaux de zoo, de compagnie et sauvages du Tierspital de Zurich (Vetsuisse) recommande de vacciner tous les lapins en bonne santé contre les types 1 et 2, dès la 10e semaine de vie, avec un rappel chaque année. Votre vétérinaire vous indiquera le vaccin disponible qui couvre les deux types.

La myxomatose, autre maladie virale grave, se transmet surtout par les insectes piqueurs (moustiques, puces) et par les lapins sauvages. La vaccination contre la myxomatose n'est pas aussi simple à obtenir en Suisse que dans les pays voisins : demandez à votre vétérinaire ce qui est possible pour votre lapin. Dans tous les cas, la prévention repose sur les moustiquaires, la lutte contre les puces et l'absence de contact avec les lapins sauvages. Si votre lapin vit dehors ou doit voyager, faites le point avec votre vétérinaire.

Jamais seul : ce que dit la loi suisse

Lapins et cobayes sont des animaux sociaux. L'article 13 de l'OPAn exige que les animaux d'espèces sociables aient des contacts sociaux appropriés avec des congénères. Pour le cobaye, c'est net : il doit vivre en groupe d'au moins deux cobayes. Pour le lapin, l'OSAV précise qu'il doit au minimum pouvoir sentir et entendre d'autres lapins et ne pas être détenu seul dans une pièce, et que les lapereaux ne doivent pas être séparés les uns des autres avant huit semaines. La vie à deux ou en groupe reste l'objectif : un mâle castré et une femelle s'entendent souvent bien.

Un lapin et un cobaye ne se tiennent pas compagnie : ils ne parlent pas le même langage, et le lapin, plus fort, peut blesser le cobaye. Prévoyez aussi de la place : pour deux cobayes, la loi fixe une surface minimale de 0,5 m², ce qui reste vraiment un minimum. Et si vous hésitez avec un autre petit mammifère, sachez que le furet a des besoins très différents et qu'il faut une autorisation cantonale pour le détenir.

Quand consulter sans attendre

  • Votre lapin ou votre cobaye ne mange plus, ou ne fait plus de crottes, même depuis quelques heures.
  • Il bave, a le menton mouillé, trie sa nourriture ou maigrit.
  • Un écoulement de l'œil ou une bosse apparaît sur la mâchoire.
  • Votre cobaye boite, a des articulations gonflées ou crie quand on le prend.
  • Il respire bouche ouverte, ou un lapin de votre groupe meurt brutalement.
  • Chaque année, pour le rappel de vaccin de votre lapin et un contrôle des dents.

Information générale, qui ne remplace pas l'avis d'un·e professionnel·le de santé ou d'un·e vétérinaire.

Sources et références

  1. OSAV : fiche thématique Protection des animaux n° 5.8, Contacts sociaux chez les lapins
  2. OSAV : Les cochons d'Inde dans le droit
  3. Université de Zurich, Vetsuisse, Klinik für Zoo-, Heim- und Wildtiere : RHD, Rabbit Hemorrhagic Disease (fiche vaccination, 2026)
  4. MSD Veterinary Manual : Digestive Disorders of Rabbits
  5. MSD Veterinary Manual : Nutritional Problems of Guinea Pigs

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