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Hiver & voies respiratoires

Suppositoire : pourquoi cette forme et comment bien l'administrer

La rédaction Actipharm · Publié le · 4 min de lecture

Chambre d'enfant au crépuscule avec un ours en peluche, un sachet de pharmacie fermé et un verre d'eau sur la table de nuit.

L'essentiel

  • Le suppositoire est utile quand la voie orale n'est pas possible : vomissements, refus d'avaler, enfant qui recrache tout.
  • Par la bouche, l'absorption d'un médicament est en général plus régulière ; si l'enfant boit son sirop sans vomir, cette forme reste préférable.
  • Un suppositoire est fait pour fondre à la température du corps : il se conserve à l'abri de la chaleur et se ramollit vite dans une poche ou une voiture.
  • Le sens d'introduction compte moins que la profondeur : le suppositoire doit dépasser le sphincter de l'anus pour ne pas ressortir.

Le suppositoire a mauvaise réputation chez les grands, et pourtant il rend de vrais services. Il fait partie des formes galéniques classiques de l'armoire à pharmacie familiale, surtout quand un enfant a de la fièvre et qu'il vomit. Encore faut-il savoir quand le préférer, comment l'introduire et comment le conserver.

Pourquoi un suppositoire ?

Un suppositoire est une forme solide destinée au rectum. Il est fabriqué à partir d'un excipient qui fond à la température du corps, comme certains corps gras, ou qui se dissout dans le peu de liquide présent dans le rectum, comme la glycérine gélifiée. Le principe actif est alors libéré et absorbé par la muqueuse, ou agit sur place.

On le choisit surtout dans quatre situations :

  • l'enfant ou l'adulte vomit et ne garde rien ;
  • un petit refuse obstinément le sirop ou le recrache ;
  • la personne ne peut pas avaler, temporairement ou durablement ;
  • on cherche un effet local, par exemple un suppositoire à la glycérine pour déclencher une selle.

Il n'est pas pour autant plus efficace. Les HUG le rappellent : l'absorption par la bouche est plus fiable que par voie rectale. Si votre enfant ne vomit pas et accepte de boire son sirop, préférez le sirop. Pour mieux comprendre les différentes formes, notre lexique les présente une à une.

Mode d'emploi, étape par étape

  1. Lavez-vous les mains. Coupez un ongle trop long, qui pourrait blesser.
  2. Vérifiez la consistance. Un suppositoire mou est difficile à introduire. Placez-le quelques minutes au réfrigérateur dans son emballage, ou passez l'emballage fermé sous l'eau froide.
  3. Déballez-le sans le chauffer. Séparez les deux feuilles de l'alvéole en tirant sur les languettes, et manipulez-le du bout des doigts, pas à pleine main.
  4. Humectez-le avec un peu d'eau. Cela suffit à le faire glisser.
  5. Installez la personne. Un bébé se met sur le dos, jambes repliées vers le ventre, comme pour changer la couche. Un enfant plus grand ou un adulte s'allonge sur le côté, la jambe du dessus repliée.
  6. Introduisez-le doucement. Poussez-le avec le doigt, l'auriculaire pour un nourrisson, jusqu'à ce qu'il franchisse le sphincter : on le sent alors partir tout seul.
  7. Maintenez les fesses serrées quelques instants, et laissez la personne allongée un moment.
  8. Lavez-vous les mains une seconde fois.

Parlez calmement à l'enfant et allez vite. Un geste hésitant fait plus de dégâts qu'un geste franc.

La chaleur, ennemie du suppositoire

La plupart des suppositoires sont conçus pour fondre à la température du corps, autour de 37 °C. Ils supportent donc mal la chaleur ambiante : dans une poche de veste, une voiture en plein soleil ou une salle de bain surchauffée, un suppositoire ramollit, se déforme, puis durcit à nouveau en changeant de structure. Le principe actif peut alors ne plus être réparti de façon homogène.

Conservez vos suppositoires à la température indiquée sur l'emballage, à l'abri du soleil et de l'humidité. En été, le réfrigérateur est souvent une bonne solution, si la notice ne s'y oppose pas. Un suppositoire qui a fondu puis s'est resolidifié ne doit plus être utilisé.

Trois questions qu'on nous pose souvent

Faut-il l'introduire par la pointe ou par le bout plat ?

La forme en obus est pensée pour entrer par la pointe. Une ancienne étude, menée sur un petit nombre de personnes, a suggéré que l'introduction par le bout plat limiterait le rejet, mais elle n'a jamais été solidement confirmée. Suivez la notice si elle précise un sens. Le vrai secret, c'est de dépasser le sphincter et de garder les fesses serrées un instant.

Peut-on couper un suppositoire en deux ?

Pas de votre propre initiative. Le principe actif n'est pas forcément réparti de façon homogène, et une coupe en travers peut donner une dose très différente de la moitié. Quand un demi-suppositoire est prescrit, certains protocoles hospitaliers demandent de le couper dans la longueur. Demandez au pharmacien comment faire pour votre produit.

Il est ressorti : faut-il en remettre un ?

Tout dépend du moment. S'il ressort intact tout de suite, vous pouvez en général le réintroduire. S'il ressort plus tard, ramolli ou fondu, une partie a peut-être déjà été absorbée : ne redonnez pas de dose sans avis, pour éviter un surdosage.

Deux pièges à éviter

Les suppositoires aux huiles essentielles chez le petit. Ceux qui contiennent des dérivés terpéniques, comme le camphre, l'eucalyptol ou le menthol, sont contre-indiqués dans l'Union européenne depuis 2011 avant 30 mois et chez les enfants ayant déjà fait des convulsions, en raison d'un risque neurologique. En Suisse aussi, ne les utilisez pas chez un jeune enfant sans l'avis du pharmacien ou du pédiatre. Utilisés trop longtemps, ils peuvent aussi irriter et brûler le rectum.

La double dose. Un suppositoire de paracétamol le soir et un sirop de paracétamol le lendemain matin, c'est la même molécule : les prises s'additionnent. Notez l'heure de chaque prise et le nom du principe actif.

Quant aux suppositoires laxatifs, à la glycérine par exemple, ils agissent vite mais se réservent à un usage occasionnel. Chez l'enfant, leur place est expliquée dans notre fiche constipation de l'enfant.

Quand consulter sans attendre

  • Enfant qui vomit tout ce qu'il boit, semble déshydraté ou somnole anormalement
  • Fièvre chez un bébé de moins de 3 mois
  • Douleur, saignement ou fissure à l'anus
  • Suppositoire rejeté après quelques minutes : avant de redonner une dose
  • Doute sur une double prise, par exemple suppositoire et sirop contenant le même principe actif
  • Suppositoire aux huiles essentielles envisagé chez un enfant de moins de 30 mois ou ayant déjà fait des convulsions

Information générale, qui ne remplace pas l'avis d'un·e professionnel·le de santé ou d'un·e vétérinaire.

Sources et références

  1. HUG, Mon enfant est malade : paracétamol
  2. Afssaps (ANSM) : contre-indication des suppositoires contenant des dérivés terpéniques chez l'enfant (2011)
  3. Pharmacie des HUG : traitement médicamenteux de la constipation en pédiatrie
  4. Pharmacie des HUG : traitements de la constipation, laxatifs

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