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Hiver & voies respiratoires

Fièvre de l'enfant : mesurer, soulager, et savoir quand s'inquiéter

La rédaction Actipharm · Publié le · 6 min de lecture

Enfant fiévreux au lit sous une couverture légère, un parent lui tend un verre d'eau, thermomètre électronique sur la table de nuit.

L'essentiel

  • La fièvre, une température de 38 °C ou plus, est une réaction normale du corps contre une infection ; elle n'abîme pas le cerveau.
  • Chez un bébé de moins de 3 mois, une température de 38 °C ou plus impose de consulter sans attendre, même s'il semble aller bien.
  • Les médicaments contre la fièvre servent au confort de l'enfant, pas à faire baisser un chiffre ; leur dose se calcule d'après le poids, en suivant la notice.
  • Somnolence inhabituelle, nuque raide, taches qui ne s'effacent pas à la pression, respiration difficile ou déshydratation : on appelle le 144 ou on se rend aux urgences.

Il a les joues rouges, le front brûlant et les mains froides. Il frissonne, il ne veut plus jouer. Le thermomètre affiche 39 °C. Pour beaucoup de parents, la fièvre est la première vraie inquiétude de l'hiver. Elle est pourtant, dans l'immense majorité des cas, une alliée.

Ce que la fièvre est, et ce qu'elle n'est pas

La température normale d'un enfant se situe entre 36,5 et 37,5 °C. On parle de fièvre à partir de 38 °C. C'est un mécanisme de défense : le corps monte sa température pour mieux combattre les microbes.

Un petit enfant fait plusieurs épisodes de fièvre par an. Il s'agit le plus souvent d'infections virales banales, qui durent trois à cinq jours et guérissent seules. Les antibiotiques ne traitent pas la fièvre : ils n'agissent que sur certaines infections bactériennes, diagnostiquées par le médecin.

La fièvre ne détruit pas le cerveau. Et le chiffre affiché ne dit pas, à lui seul, si la maladie est grave. Ce qui compte surtout, c'est l'état de l'enfant : boit-il, réagit-il, sourit-il quand la fièvre baisse ?

Prendre la température sans se tromper

Méthode Ce qu'il faut savoir
Sous le bras (axillaire) Simple et sans risque. Placez le thermomètre au creux de l'aisselle, contre la peau, bras serré. Le résultat est en général un demi-degré plus bas que la température centrale.
Rectale Mesure de référence, qui reflète la température centrale. Bébé couché sur le dos, jambes tenues fléchies, ou sur le ventre en travers de vos genoux.
Front ou oreille Rapides et pratiques, mais plus sensibles à la façon de mesurer. En cas de doute, contrôlez avec un thermomètre électronique.

Attendez quelques minutes après un bain ou si l'enfant était très couvert : la mesure serait faussement élevée. Notez les valeurs et les heures, cela aide le médecin. Et si votre enfant dort paisiblement, ne le réveillez ni pour le mesurer ni pour lui donner un médicament.

Un parcours selon l'âge

Avant 3 mois : on consulte, sans attendre

Chez un nourrisson de moins de 3 mois, une température de 38 °C ou plus peut être le signe d'une infection sérieuse. Il faut le montrer rapidement à un médecin, au pédiatre ou aux urgences pédiatriques, même s'il a l'air en forme. À cet âge, aucun médicament contre la fièvre sans avis médical.

De 3 mois à 2 ans : observer plus que mesurer

Le petit enfant ne dit pas où il a mal. Observez-le. Boit-il ? Mouille-t-il ses langes comme d'habitude ? Suit-il du regard, joue-t-il un peu quand la fièvre descend ? Entre 3 et 6 mois, une température de 39 °C ou plus mérite un appel au pédiatre le jour même.

Pendant une montée de fièvre, il est fréquent qu'un bébé frissonne, ait les mains et les pieds froids et la peau marbrée. Ces signes doivent disparaître quand la fièvre baisse, environ une heure après le médicament. S'ils persistent, consultez.

L'enfant plus grand : écouter ce qu'il dit

Un enfant qui parle peut signaler une douleur à l'oreille, à la gorge, au ventre ou en urinant. Ces plaintes, tout comme une fièvre qui dure plus de trois jours, justifient une consultation dans les 24 heures. Il retournera à la crèche ou à l'école quand il n'aura plus de fièvre et se sentira en forme, sauf maladie contagieuse diagnostiquée.

Soulager : le confort d'abord

Allégez les vêtements. Une couche légère suffit. N'emmitouflez pas un enfant fiévreux et baissez le chauffage de sa chambre. Inutile en revanche de le doucher à l'eau froide.

Faites-le boire souvent, par petites quantités. La fièvre augmente les pertes d'eau. Si vous allaitez, continuez. Il refuse de manger ? C'est habituel les premiers jours : proposez sans insister.

Un médicament si l'enfant est inconfortable. Le paracétamol est le premier choix. L'ibuprofène est une alternative, mais il a des contre-indications chez l'enfant, par exemple la varicelle ou la déshydratation, et ne se donne au tout-petit que sur avis médical. L'acide acétylsalicylique ne se donne pas aux enfants.

La dose se calcule d'après le poids de l'enfant, pas seulement d'après son âge. Pesez-le si vous n'avez pas de poids récent. Suivez la notice, utilisez le dispositif doseur fourni dans la même boîte, et respectez l'intervalle entre deux prises ainsi que le nombre maximal par jour. Notre fiche pour lire une notice et le Compendium aide à s'y retrouver.

Deux pièges reviennent souvent. Le premier : donner deux produits qui contiennent tous deux du paracétamol, sans le savoir. Le second : alterner deux médicaments sans en avoir parlé au pédiatre ou au pharmacien. Un surdosage en paracétamol peut abîmer gravement le foie. En cas d'erreur de dose, appelez Tox Info Suisse au 145.

Par la bouche, le médicament est mieux absorbé que par voie rectale. Le suppositoire garde sa place si l'enfant vomit ou refuse tout : voyez notre fiche suppositoire, mode d'emploi.

Les signes qui imposent d'agir tout de suite

Appelez le 144 ou rendez-vous aux urgences si votre enfant :

  • est difficile à réveiller, tout mou, ou ne vous répond pas ;
  • a la nuque raide, ou ne parvient plus à baisser le menton sur la poitrine ;
  • présente des taches rouges ou violacées qui ne s'effacent pas quand vous appuyez dessus un verre transparent ;
  • respire vite, gémit à chaque respiration, ou creuse le ventre et l'espace entre les côtes ;
  • garde un teint gris, bleuté ou marbré, même après la baisse de la fièvre ;
  • montre des signes de déshydratation : pas d'urine depuis 8 heures, pleurs sans larmes, yeux cernés, bouche sèche ;
  • hurle quand on le touche ou reste inconsolable.

Et dans tous les cas, si son état vous inquiète, faites confiance à votre instinct : appelez le pédiatre, la permanence pédiatrique ou le pédiatre de garde.

La convulsion fébrile : les gestes, pas à pas

Lors d'une brusque montée de température, certains enfants perdent connaissance et sont secoués de mouvements incontrôlés, les yeux révulsés. La crise dure en général quelques minutes. C'est très impressionnant, mais ces convulsions sont fréquentes et le plus souvent sans gravité. Elles touchent des enfants prédisposés, souvent avec un parent qui en a fait, et disparaissent après l'âge de 5 ans. Elles ne laissent pas de séquelles et ne signifient pas que l'enfant deviendra épileptique.

  1. Gardez votre calme et regardez l'heure.
  2. Couchez l'enfant sur le côté, sur une surface sûre, loin de tout ce qui pourrait le blesser.
  3. Ne cherchez pas à arrêter les secousses en le tenant. Ne mettez rien dans sa bouche.
  4. Appelez le 144 s'il s'agit d'une première crise, si elle se prolonge au-delà de quelques minutes, ou si l'enfant reste ensuite très endormi, agité ou gémissant.
  5. Après la crise, laissez-le sur le côté et surveillez sa respiration. Il est souvent somnolent.
  6. Prévenez votre pédiatre dans tous les cas, pour rechercher la cause de la fièvre.

Convulsion fébrile : les gestes

  1. 1. Gardez votre calme et regardez l'heure.

  2. 2. Couchez-le sur le côté, sur une surface sûre, loin de tout ce qui pourrait le blesser.

  3. 3. Ne le tenez pas pour arrêter les secousses et ne mettez rien dans sa bouche.

  4. 4. Appelez le 144 pour une première crise, une crise de plus de quelques minutes, ou si l'enfant reste très endormi, agité ou gémissant.

Après la crise, laissez-le sur le côté et surveillez sa respiration. Prévenez votre pédiatre dans tous les cas.

Une nouvelle convulsion peut survenir lors d'un autre épisode de fièvre. Faire baisser la température ne permet pas de toutes les éviter : si cela arrive, vous n'y êtes pour rien.

Quand consulter sans attendre

  • Bébé de moins de 3 mois avec une température de 38 °C ou plus
  • Enfant difficile à réveiller, tout mou, au teint gris ou marbré, ou qui gémit quand on le touche
  • Nuque raide, taches violacées qui ne s'effacent pas sous un verre, ou respiration difficile : appelez le 144
  • Première convulsion, ou convulsion qui dure plus de quelques minutes : appelez le 144
  • Pas d'urine depuis 8 heures, pleurs sans larmes, bouche sèche
  • Fièvre depuis plus de 3 jours, ou douleur à l'oreille, à la gorge, au ventre ou en urinant

Information générale, qui ne remplace pas l'avis d'un·e professionnel·le de santé ou d'un·e vétérinaire.

Sources et références

  1. HUG, Mon enfant est malade : fièvre
  2. HUG, Mon enfant est malade : prendre la température
  3. HUG, Mon enfant est malade : convulsion fébrile
  4. HUG, Mon enfant est malade : les signes d'alerte
  5. NHS : high temperature (fever) in children

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