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Transit & hygiène intestinale

Constipation : quel laxatif choisir, et pour combien de temps ?

La rédaction Actipharm · Publié le · 4 min de lecture

Petit-déjeuner riche en fibres vu de dessus : flocons d'avoine, kiwis, pruneaux, fruits et grand verre d'eau, avec des chaussures de marche.

L'essentiel

  • Avant tout laxatif, on corrige ce qui peut l'être : boire suffisamment, manger des fibres, bouger et répondre à l'envie sans attendre.
  • Il existe quatre grandes familles de laxatifs oraux : de lest, osmotiques, lubrifiants et stimulants ; les deux premières sont les choix de départ.
  • Pour une constipation occasionnelle, un laxatif pris sans avis médical ne devrait pas dépasser une semaine environ.
  • Une constipation nouvelle et inhabituelle, du sang dans les selles ou un amaigrissement imposent un avis médical.

On parle de constipation quand les selles deviennent rares, en général moins de trois fois par semaine, et qu'elles sont dures ou difficiles à évacuer. Le rythme normal varie beaucoup d'une personne à l'autre : aller à selle tous les deux jours sans gêne n'est pas un problème. Ce qui compte, c'est le changement par rapport à vos habitudes et l'inconfort.

D'abord, l'hygiène de vie

Les mesures hygiéno-diététiques restent la base. Leur effet est modeste, mais elles évitent souvent de recourir aux médicaments, et elles rendent ceux-ci plus efficaces quand ils sont nécessaires.

  • Boire régulièrement, environ un litre et demi par jour sauf restriction médicale. Les selles sèchent quand l'apport en eau baisse.
  • Augmenter les fibres progressivement : légumes, fruits, céréales complètes, légumineuses. Une hausse brutale provoque des ballonnements.
  • Bouger : la marche quotidienne stimule l'intestin.
  • Ne pas se retenir, et se donner un moment calme aux toilettes après un repas, quand l'intestin est naturellement plus actif.
  • Surélever les pieds sur un petit tabouret : cette position facilite l'évacuation.

Pensez aussi à vos médicaments. Les antidouleurs opioïdes comme la codéine ou le tramadol, le fer, le calcium, certains antiacides à l'aluminium, des antidépresseurs ou des médicaments contre l'hypertension peuvent ralentir le transit. Parlez-en au pharmacien avant d'ajouter un laxatif.

Les quatre familles en un tableau

Famille Exemples de principes actifs Comment ça marche Délai habituel À surveiller
Laxatifs de lest Psyllium (ispaghul), sterculia, son Gonflent avec l'eau et augmentent le volume des selles 1 à 3 jours Boire beaucoup, sinon risque de blocage ; ballonnements ; à éviter chez la personne alitée
Laxatifs osmotiques Macrogol, lactulose, lactitol, sels de magnésium Retiennent l'eau dans l'intestin et ramollissent les selles 1 à 3 jours ; quelques heures pour les sels de magnésium Ballonnements avec les sucres ; magnésium et reins fragiles
Laxatifs lubrifiants Huile de paraffine Enrobent et lubrifient les selles 6 à 8 heures environ Fuites anales, vitamines, risque d'inhalation
Laxatifs stimulants Bisacodyl, picosulfate de sodium, séné Stimulent les contractions de l'intestin 6 à 12 heures Crampes, diarrhée, perte de potassium ; jamais au long cours sans avis

À côté de ces familles orales, les formes rectales (suppositoires à la glycérine, microlavements) agissent en quelques minutes quand les selles sont bloquées tout près de la sortie. Elles se réservent à un usage ponctuel : utilisées trop souvent, elles finissent par perturber le réflexe naturel d'évacuation.

Comment choisir

Pour une constipation passagère, liée à un voyage, à un changement de rythme ou à une période d'immobilité, on commence par un laxatif osmotique ou de lest, en complément des mesures ci-dessus. Les osmotiques sont recommandés en premier choix par la Pharmacie des HUG.

Si l'évacuation est douloureuse, à cause d'hémorroïdes ou d'une fissure, l'objectif est d'obtenir des selles molles. Un osmotique convient ; un lubrifiant peut dépanner peu de temps, en second choix.

Chez la personne âgée, alitée ou qui avale mal, ni huile de paraffine, à cause du risque d'inhalation, ni laxatif de lest, qui peut provoquer un blocage. Notre fiche huile de paraffine détaille ces pièges. Les sels de magnésium demandent aussi des reins en bon état : voir la fiche magnésie.

Pendant la grossesse, les mesures d'hygiène de vie restent la première étape. Si elles ne suffisent pas, un laxatif osmotique ou de lest est généralement bien toléré. Les lubrifiants sont déconseillés, car ils diminuent l'absorption de la vitamine K, et les stimulants aussi, car ils pourraient provoquer des contractions de l'utérus. Demandez conseil.

Chez l'enfant, les règles sont différentes et un laxatif se donne sur avis médical : voir notre fiche constipation de l'enfant.

Et les laxatifs « naturels » ?

Tisanes et comprimés à base de séné, de bourdaine, de cascara ou d'aloès passent souvent pour doux parce qu'ils sont d'origine végétale. Ce sont pourtant des laxatifs stimulants à part entière, de la famille des dérivés anthracéniques, avec les mêmes précautions : usage court, pas pendant la grossesse ni chez l'enfant sans avis, jamais au long cours.

À l'inverse, le psyllium ou les graines de lin sont des laxatifs de lest : efficaces et bien tolérés, à condition de boire suffisamment, sinon ils peuvent former un bouchon. Les pruneaux, riches en fibres et en sorbitol, restent une aide alimentaire classique.

Combien de temps ?

Le moins longtemps possible. Pour une constipation occasionnelle, la Pharmacie des HUG fixe un maximum d'environ une semaine. Si rien ne change au-delà, il faut chercher pourquoi.

Les stimulants posent un problème particulier : pris longtemps et à forte dose, ils peuvent abîmer la muqueuse de l'intestin, faire perdre du potassium et installer une dépendance. On parle de maladie des laxatifs, parfois liée à une peur excessive de la constipation ou à une volonté de maigrir.

Tous les laxatifs sont contre-indiqués en cas d'occlusion intestinale, de douleurs abdominales inexpliquées ou de poussée d'une maladie inflammatoire de l'intestin. Dans ces situations, c'est un médecin qu'il faut voir, pas un rayon de pharmacie. Une constipation chronique peut, elle, justifier un traitement au long cours, mais avec un suivi médical.

Quand consulter sans attendre

  • Constipation nouvelle et inhabituelle, surtout après 50 ans
  • Sang dans les selles, selles noires ou amaigrissement inexpliqué
  • Douleurs abdominales fortes, ventre gonflé, vomissements ou absence de gaz
  • Constipation qui persiste après une semaine de laxatif et de mesures alimentaires
  • Constipation apparue avec un nouveau médicament, par exemple un antidouleur opioïde ou du fer
  • Grossesse, allaitement, maladie rénale ou cardiaque, avant de choisir un laxatif

Information générale, qui ne remplace pas l'avis d'un·e professionnel·le de santé ou d'un·e vétérinaire.

Sources et références

  1. Pharmacie des HUG : traitements de la constipation, laxatifs
  2. Collège national de pharmacologie médicale : médicaments de la constipation

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