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Le médicament

Comment fabrique-t-on un comprimé ?

Cycle 3 (12-15 ans)Séance de 2 périodes de 45 minutes5 min de lecture

Petite usine stylisée avec un mélangeur de poudres, une presse à comprimés et un tapis roulant chargé de comprimés.
Animation : les poudres sont pesées, mélangées, comprimées par une presse, enrobées puis contrôlées sur une chaîne de fabrication. 12345
  1. Pesée : le principe actif et les excipients sont pesés avec précision.
  2. Mélange : les poudres tournent jusqu'à être parfaitement réparties.
  3. Compression : une presse serre la poudre pour former le comprimé.
  4. Enrobage : une fine couche protège le comprimé ou masque son goût.
  5. Contrôle : des échantillons sont analysés avant la sortie du lot.

À retenir

  • Un comprimé contient un principe actif, la substance qui soigne, et des excipients, qui lui donnent sa forme, sa taille et l'aident à se défaire au bon moment.
  • Pour fabriquer un comprimé, on mélange les poudres, on les transforme en grains, on les sèche, on les comprime, puis on enrobe parfois le comprimé d'un film.
  • Chaque lot est contrôlé : même poids, même quantité de principe actif, désagrégation dans le temps prévu. Un lot qui ne passe pas les contrôles n'est pas vendu.
  • En Suisse, une entreprise ne peut fabriquer des médicaments qu'avec une autorisation, accordée après une inspection qui vérifie le respect des bonnes pratiques de fabrication (BPF).

Ouvre une boîte de comprimés : ils se ressemblent comme des jumeaux, avec la même forme, le même poids et la même quantité de substance active. C'est le résultat d'une fabrication très précise et de nombreux contrôles. Regarde l'animation ci-dessus : elle suit le comprimé de la poudre jusqu'à la plaquette.

Qu'y a-t-il dans un comprimé ?

Le principe actif est la substance qui soigne. Les excipients sont tous les autres ingrédients : ils ne soignent pas, mais sans eux, pas de comprimé. Dans beaucoup de médicaments, le principe actif ne représente qu'une petite partie du comprimé.

Excipient Son rôle Comparaison
Diluant Donne du volume, pour que le comprimé ait une taille pratique La farine dans une pâte
Liant Colle les particules entre elles L'eau d'un château de sable
Désagrégeant Aide le comprimé à se défaire dans l'estomac Une éponge sèche qui gonfle
Lubrifiant Empêche la poudre de coller à la machine L'huile dans une poêle
Colorant, arôme Aide à reconnaître le comprimé, masque un goût La couleur d'un bonbon

Le lactose, l'amidon ou la cellulose sont des excipients courants. La notice les cite tous, car certaines personnes doivent en éviter un. Le mot « excipient » est aussi expliqué dans notre lexique du médicament.

Comment passe-t-on de la poudre au comprimé ?

  1. Peser et mélanger. Les poudres sont pesées très précisément, puis mélangées longtemps. Un mélange mal fait donnerait des comprimés trop dosés à côté d'autres qui ne le sont pas assez.
  2. Granuler. Une poudre très fine coule mal et vole partout. On ajoute un liquide, souvent de l'eau, qui colle les particules en petits grains.
  3. Sécher. On retire l'humidité des grains.
  4. Comprimer. La comprimeuse verse les grains dans de petits moules et les presse très fort entre deux pièces de métal, les poinçons. Ceux-ci peuvent graver une lettre ou une barre de sécabilité.
  5. Enrober. Parfois, on pulvérise autour du comprimé un film ou une couche de sucre. L'enrobage cache un goût amer, protège de la lumière ou de l'humidité, ou empêche le comprimé de se défaire dans l'estomac. C'est pour cela qu'on ne coupe pas n'importe quel comprimé (voir couper un comprimé).
  6. Conditionner. Plaquettes, boîte, notice, numéro de lot et date de péremption.

Comment être sûr que chaque comprimé est bon ?

Un lot, c'est l'ensemble des comprimés fabriqués en une seule fois. Des échantillons de chaque lot sont testés au laboratoire : leur poids, qui doit être presque identique d'un comprimé à l'autre, leur quantité de principe actif, leur solidité et leur désagrégation. Pour ce dernier test, on agite le comprimé dans un tube au fond grillagé, plongé dans un liquide à 37 °C, la température du corps. Il doit se défaire dans le temps fixé par la pharmacopée, le livre officiel des règles de qualité des médicaments. Un lot qui échoue n'est pas libéré : il n'arrivera jamais en pharmacie.

Qui surveille les usines ?

Les fabricants suivent les bonnes pratiques de fabrication, ou BPF (GMP en anglais). Ces règles couvrent la formation et l'hygiène du personnel, la propreté des locaux et des machines, la documentation de chaque étape, les contrôles, la libération des lots et le retrait d'un produit défectueux. En Suisse, Swissmedic, l'autorité de surveillance des médicaments, veille à leur respect. Tout fabricant est inspecté avant de démarrer, puis régulièrement. L'autorisation de fabriquer n'est accordée que si l'inspection est positive, et les inspecteurs peuvent venir sans prévenir en cas de soupçon.

Activité en classe

Des « comprimés » de sucre glace. Règle de laboratoire : on ne goûte rien de ce qu'on manipule, même du sucre.

Matériel (par groupe) : sucre glace, eau, colorant alimentaire, une cuillère à café, un bol, cinq bouchons de bouteille propres tapissés de film alimentaire (les moules), le fond d'une petite bouteille (le poinçon), du papier sulfurisé, de l'huile alimentaire et un pinceau, une balance de cuisine, quatre verres identiques, un chronomètre.

Déroulé

  1. Mélange (première période). Mettez 4 cuillères de sucre glace dans le bol et ajoutez une goutte de colorant : c'est le « principe actif ». Mélangez peu et observez la couleur, puis mélangez longtemps.
  2. Granulation. Ajoutez de l'eau goutte à goutte jusqu'à obtenir une pâte qui ressemble à du sable mouillé.
  3. Compression. Remplissez les bouchons, tassez-en trois très fort et deux doucement, puis démoulez sur le papier sulfurisé. Gardez une cuillère de sucre glace sec comme témoin. Laissez sécher jusqu'à la séance suivante.
  4. Enrobage (deuxième période). Badigeonnez un comprimé « tassé fort » d'une fine couche d'huile.
  5. Contrôle qualité. Pesez chaque comprimé et notez les écarts.
  6. Test de dissolution. Versez la même quantité d'eau, à la même température, dans les quatre verres. Plongez en même temps la poudre, un comprimé tassé doucement, un comprimé tassé fort et le comprimé enrobé. Chronométrez jusqu'à ce qu'il ne reste plus de morceau solide.

Ce qu'on observe. La poudre se dissout le plus vite, puis le comprimé tassé doucement. Le comprimé tassé fort résiste plus longtemps, et l'enrobé encore davantage, car l'eau a du mal à y entrer. Les poids varient d'un comprimé à l'autre, et une couleur en taches trahit un mélange insuffisant : dans un vrai médicament, certains comprimés seraient trop dosés. D'où les machines de précision et les contrôles à chaque étape.

Durée : 2 périodes de 45 minutes, avec un temps de séchage entre les deux.

Pour aller plus loin

  • Pourquoi la notice donne-t-elle la liste complète des excipients ? Pour qui est-ce important ?
  • Pourquoi ne faut-il pas croquer ni écraser certains comprimés enrobés ?
  • Un médicament est fabriqué à l'étranger : qui vérifie sa qualité avant qu'il arrive dans une pharmacie suisse ?
  • Dans votre expérience, quelles erreurs de mesure avez-vous pu faire, et comment les réduire ?

Quiz : as-tu bien compris ?

  1. Comment appelle-t-on la substance d'un comprimé qui agit sur la maladie ?
    Voir la réponse

    Le principe actif. Le principe actif est la substance qui soigne. Les excipients l'accompagnent pour donner au comprimé sa forme et ses propriétés.

  2. À quoi sert la granulation ?
    Voir la réponse

    À regrouper les fines particules de poudre en grains qui coulent bien et se compriment facilement. Une poudre très fine coule mal et vole partout. En ajoutant un liant, souvent de l'eau, on forme des grains plus faciles à verser dans les moules.

  3. Pourquoi certains comprimés sont-ils enrobés d'un film ?
    Voir la réponse

    Pour masquer un goût amer, protéger le principe actif ou le libérer plus loin dans l'intestin. L'enrobage a plusieurs rôles : cacher un mauvais goût, protéger de la lumière ou de l'humidité, ou empêcher le comprimé de se défaire dans l'estomac.

  4. Que vérifie l'essai de désagrégation ?
    Voir la réponse

    Que le comprimé se défait dans un liquide à 37 °C dans le temps prévu. On agite le comprimé dans un liquide à la température du corps et on vérifie qu'il se désagrège dans le délai fixé par la pharmacopée.

  5. Que signifie le sigle BPF ?
    Voir la réponse

    Bonnes pratiques de fabrication. Les bonnes pratiques de fabrication sont les règles de qualité que doivent suivre les fabricants de médicaments. En anglais, on dit GMP.

  6. Tu veux savoir si l'enrobage ralentit la dissolution de tes comprimés de sucre. Que dois-tu garder identique ?
    Voir la réponse

    La quantité de sucre, la force de compression, la quantité d'eau et sa température. Pour comparer, on ne change qu'un paramètre à la fois, ici l'enrobage. Sinon, impossible de savoir ce qui explique la différence.

Contenu pédagogique d'information générale. Il ne remplace pas l'avis d'un·e professionnel·le de santé ou d'un·e vétérinaire.

Sources

  1. IMT Mines Albi, centre RAPSODEE : comment un comprimé pharmaceutique est-il fabriqué ?
  2. Université de Lille 2, travaux pratiques de pharmacie galénique : principe de l'essai de désagrégation
  3. Swissmedic, Visible : à la découverte des services d'inspection de Swissmedic
  4. Swissmedic : directive sur la réalisation des inspections dans les entreprises qui fabriquent des médicaments (BPF, PDF)

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