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Peau

Écorchure, petite coupure : les bons soins, étape par étape

La rédaction Actipharm · Publié le · 4 min de lecture

Enfant assis sur un banc avec un pansement au genou, à côté d'un vélo et d'une trousse de soins ouverte.

L'essentiel

  • Le geste le plus utile sur une petite plaie est un rinçage abondant à l'eau du robinet, avec du savon si la peau est sale.
  • Un antiseptique sans alcool et incolore, comme la chlorhexidine aqueuse, peut compléter le nettoyage sans masquer une rougeur.
  • Une plaie protégée par un pansement qui la garde légèrement humide cicatrise souvent mieux qu'une plaie laissée sécher en croûte.
  • En Suisse, les rappels contre le tétanos sont recommandés à 25, 45 et 65 ans, puis tous les 10 ans ; après une blessure, vérifiez votre carnet.

Un genou écorché au parc, un doigt entaillé en coupant le pain : les petites plaies font partie du quotidien de toutes les familles. Bien soignées, elles guérissent en quelques jours sans laisser de trace. Mal nettoyées, elles peuvent s'infecter. Voici les gestes, dans l'ordre.

Les soins en six étapes

  1. Lavez-vous les mains. Avant de toucher la plaie, savon et eau, ou gel hydroalcoolique. Si vous en avez, des gants jetables font aussi l'affaire.

  2. Arrêtez le saignement. Une petite plaie saigne souvent un peu, ce qui aide à la nettoyer. Si le saignement continue, appuyez avec une compresse ou un linge propre, sans relâcher, pendant au moins dix minutes. Soulever la compresse toutes les trente secondes pour regarder empêche le sang de coaguler.

  3. Rincez longuement à l'eau du robinet. C'est l'étape la plus importante. L'eau courante entraîne la terre, les poussières et une bonne partie des germes. Si la peau autour est sale, nettoyez-la au savon, puis rincez bien. Retirez les petits graviers avec une pince propre. Évitez le coton, dont les fibres peuvent rester collées dans la plaie : préférez des compresses.

  4. Désinfectez. Un antiseptique peut compléter le nettoyage. Les HUG recommandent un désinfectant sans alcool, par exemple à base de chlorhexidine aqueuse. Appliquez-le du centre vers les bords. L'alcool pique et irrite la plaie, et les antiseptiques colorés masquent une éventuelle rougeur. Les dérivés iodés ne s'utilisent pas chez le nourrisson ni pendant la grossesse sans avis. N'associez pas plusieurs antiseptiques : ils peuvent s'inactiver ou irriter.

  5. Couvrez. Une écorchure ou une coupure qui peut se salir se protège avec un pansement adapté à sa taille. Pour une petite coupure nette aux bords bien rapprochés, des sutures cutanées adhésives peuvent maintenir les bords en place.

  6. Surveillez et changez. Changez le pansement s'il est mouillé ou sale, et regardez la plaie chaque jour. Une légère rougeur sur le pourtour les premiers jours est normale. Une rougeur qui s'étend, une plaie chaude, gonflée ou qui coule ne l'est pas.

Pourquoi garder la plaie légèrement humide

Pendant longtemps, on a conseillé de « laisser sécher à l'air ». Depuis les travaux du chercheur George Winter, publiés en 1962, on sait qu'une plaie maintenue dans un milieu légèrement humide cicatrise plus vite. Les cellules de la peau migrent plus facilement sur une surface humide que sous une croûte sèche, et la cicatrice est souvent plus discrète. Les recommandations de soins du CHUV et des HUG reposent sur ce principe.

En pratique, pour une écorchure un peu étendue, un pansement qui ne colle pas à la plaie convient bien : compresse grasse, pansement hydrocolloïde, ou fine couche de vaseline sous une compresse. L'hydrocolloïde forme une sorte de gel blanchâtre au contact de la plaie : c'est normal, ce n'est pas du pus. On le laisse en place plusieurs jours, jusqu'à ce qu'il se décolle ou soit saturé. Il ne convient pas à une plaie qui paraît infectée.

Trop d'humidité, en revanche, ramollit la peau autour de la plaie. L'objectif est un milieu humide, pas une plaie détrempée. Pour une toute petite égratignure propre, quelques jours sous pansement puis l'air libre suffisent. Et ne grattez pas les croûtes : elles tombent d'elles-mêmes.

Le tétanos : un rappel à vérifier

Le tétanos est rare en Suisse, mais grave. La bactérie responsable vit sous forme de spores dans la terre, la poussière des routes ou le compost. Elle ne se transmet pas d'une personne à l'autre : elle entre par une plaie, même minime, et peut s'y multiplier. Le jardinage, les morsures et les plaies souillées sont les situations typiques.

Le plan de vaccination suisse de l'OFSP prévoit, chez l'adulte vacciné dans l'enfance, des rappels à 25, 45 et 65 ans, puis tous les 10 ans. Après une blessure, ouvrez votre carnet de vaccination. Si vous n'êtes pas à jour, ou si vous ne savez plus, consultez rapidement votre médecin de famille, la permanence ou une pharmacie qui vaccine : selon le type de plaie et la date du dernier rappel, une injection peut être nécessaire sans attendre. Pour un enfant, référez-vous au carnet et au pédiatre.

La trousse de base

Une petite trousse bien tenue évite de chercher au mauvais moment. Elle contient des compresses stériles, un antiseptique incolore sans alcool, des pansements de différentes tailles, quelques pansements pour plaies humides, des sutures cutanées adhésives, une bande, du sparadrap, une pince à échardes, des ciseaux et une paire de gants jetables. Une fois par an, vérifiez les dates de péremption et remplacez ce qui a servi. Un antiseptique ouvert ne se garde pas indéfiniment : la notice indique sa durée de conservation. Rangez le tout hors de portée des enfants.

Les plaies qui ne relèvent pas de la trousse familiale

Les morsures, les plaies profondes, celles du visage ou de la main, et toutes celles dont les bords baillent ne se soignent pas seules à la maison. Elles peuvent nécessiter des points, une exploration ou un traitement préventif. Pour une brûlure, les gestes sont différents : voyez notre fiche brûlure légère, les premiers gestes. Et si l'hiver crevasse les mains jusqu'à les faire saigner, la fiche peau sèche en hiver vous aidera à les protéger.

Quand consulter sans attendre

  • Plaie dont les bords s'écartent, ou saignement qui ne s'arrête pas après 10 minutes de compression
  • Coupure au visage, sur une articulation, ou plaie profonde d'un doigt ou de la main
  • Morsure d'animal ou humaine, plaie par un objet rouillé, souillé de terre, ou par piqûre profonde (clou, épine)
  • Gravier, verre ou autre corps étranger qui reste dans la plaie
  • Rougeur qui s'étend, chaleur, pus, traînée rouge ou fièvre dans les jours qui suivent
  • Vaccination contre le tétanos pas à jour ou inconnue

Information générale, qui ne remplace pas l'avis d'un·e professionnel·le de santé ou d'un·e vétérinaire.

Sources et références

  1. HUG, Mon enfant est malade : mon enfant s'est coupé
  2. OFSP : tétanos
  3. CHUV, procédures de soins : recommandations, plaies et pansement
  4. Assurance maladie (France) : comment bien soigner une plaie

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